Partager l'article ! Mokena Makeka atout innovateur du Cap: Notre atelier « Capitale Design » est dans la phase Benchmarking. Il faut donc comp ...
La demoiselle des villes
Notre atelier « Capitale Design » est dans la phase Benchmarking. Il faut donc comparer les pays lauréats du label Word Capital Design. J’ai donc choisi le Cap sans surprise pour cause de coup de foudre. Les autres membres du groupe se sont partagés Helsinki (capitale WDC actuelle), Seoul et Turin (Capitales WDC passés). Le Cap a gagné le label pour l’année 2014.
Lors de mes recherches je suis tombée sur les projets d’un architecte local et visiblement très influent au Cap en matière de Design Urbain. Il s’agit de Mokena Makeka. Je vous dresse ici son portrait, sa vision et quelques-uns des projets auxquels il a participé.
Mokena Makeka fait partie des 100 architectes du groupe Ordos 100 (c’est un emplacement prévu pour 100 œuvres d’architecture expérimentale). Il siège au conseil du Forum économique mondial de l'agenda mondial pour la conception. Il est un examinateur externe à la Columbia University School de l'architecture et des conférences à l'Université de Cape Town.
L’architecture au Cap Town est très diversifiée. Elle témoigne d’une période où les peuples étaient divisés. Il y a une certaine influence occidentale dans l’architecture en Afrique. Et cette influence est le témoignage de l’apartheid. Plutôt que d’en avoir honte, il faut la mettre en valeur, car l’architecture raconte l’histoire. Il faut faire cohabiter cette architecture du passé avec l’architecture contemporaine.
Les gens du Cap n’ont pas tout de suite vu l’intérêt du design dans l’habitat. Le pays est dans une nouvelle démocratie. Ils n’ont pas besoin du beau et de l’inspiration, mais de l’utile. Mokena Makeka défend l’idée inverse « la tragédie est que nous avons besoin de l'inspiration plus que jamais, précisément parce que notre démocratie est encore en évolution et notre identité commune, en tant que peuple, est tenue par les cordes fragiles du sport et les passeports et sans doute à peu près tout. Notre histoire de la ségrégation nous a volé « les valeurs communes ». Nous sommes des citadins qui ne sont pas habitués à la culture qui s’exprime de manière publique et nous apprenons comment vivre comme des citoyens urbains qui profitent des droits urbains. Nous tenons nos traditions farouchement derrière des portes closes et traitons encore nos villes et les espaces publics comme un domaine séparé de qui nous sommes et laissons la peur guider nos choix sur les types d'activités qui devraient être dans nos rues.(…) Il ne s’agit pas de défendre ici l’anarchie urbaine, mais de reconnaître que les villes sont complexes et en constante évolution ; faire travailler les villes les plus dynamiques avec la tension créative de demain et encourager l’innovation dans la mesure du possible. »
Dans les projets proposés par Mokena Makeka, il y a toujours cette volonté de faire attention à la culture locale et le tissu social, mais pas seulement. En effet, l’architecture a cette faculté de survivre à son créateur. Il faut être innovant et pour le moment l’innovation se manifeste par les nouvelles technologies.
Par exemple ce commissariat dont l’architecture a particulièrement été soigné pour ne pas avoir une image austère. Les habitants du Cap sortent d’une période assez difficile le but et d’apaiser les tensions.
Voici le projet d’un gratte ciel, aux formes biscornues se situant aux abords du port de la ville (malin, "d’une pierre deux coups" pour la mise en valeur du paysage urbain). Cette tour contient (du haut vers le bas) une base pour faire des sauts en parachutes, un planétarium, un observatoire, un restaurant, une « greenhouse », un « jardin du ciel », une ferme d’éolienne… Autant dire que oui le projet est très innovant.

Et enfin pour tous ceux qui souhaitent voir cet homme en image animés et quelques-uns de ces autres projets voici une petite vidéo tournée à l’occasion de l’évènement Indaba Design.