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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 22:35

Selon les scientifiques la jeunesse se situe entre 15 et 24 ans. C’est la période où le corps change, l’individu évolue et grandit. C’est aussi cette catégorie d’âge qui est visé par certains types d’aménagements.

En sociologie la jeunesse n’existe pas dans toutes les sociétés. Elle se définit par un état d’esprit particulier, un sentiment de liberté par rapport aux adultes... les jeunes sont dynamiques et aiment découvrir de nouvelles choses. C’est un âge où les adultes les considèrent comme irresponsables et devant à tout prix mûrir afin de devenir un jour autonome.

Le rapport jeune et adulte est tendu. D’une part, il y a un écart de génération brouillant parfois le dialogue entre les deux. D'autre part, il y a aussi de la méfiance. Les adultes stigmatisent les jeunes et vice versa. Les médias n’y sont pas pour rien ; ils véhiculent un modèle stéréotype du jeune d’aujourd’hui qui ne plait pas forcément à tout le monde. Mais aussi, le comportement d’une minorité affecte l’image des jeunes en général. De même pour les adultes.

Certains jeunes ont une pratique urbaine qui consiste à monopoliser un lieu (le plus souvent hall d’immeuble en dépit des habitants.

Le but n’est pas de juger s’ils ont tort ou raison de faire cela ou bien si les habitants doivent ou pas les laisser tranquille… mais plutôt voir ce qui est mis en place pour remédier à cette situation.

 

Le premier équipement à être proposé d’après mes souvenirs (de tout juste sorti de la phase « jeune ») est le boitier électronique anti-squat (connu sous le nom de mosquito). C’est un boitier qui émet des ultra sons que seul les oreilles de ceux qui ont moins de 25 ans peuvent entendre. Commercialisé d’abord en Angleterre, c’est là où il a eu le plus de retours négatifs. En effet, il vise tous les jeunes et non pas seulement ceux aux comportements déviants. Il y a eu également des plaintes de la part des parents ; les jeunes exposés au boitier avaient des maux de têtes et des migraines. Une étude sur les fréquences des ultrasons et leurs limites a montré qu’au-delà d’un certain nombre de décibels et au-delà d’une certaine durée, le bruit a des conséquences néfastes sur l’organisme (en rapport fréquence/temps d’exposition) ; « malgré l’atténuation dans l’air les ultrasons de haute fréquence peuvent être transmis à la peau puis aux tissus ou aux organes internes provoquant un réchauffement. Lorsque le spectre des ultrasons contient aussi des composantes plus basses en fréquence et de faible niveau, on a signalé des effets de gêne (sensation de fatigue, des nausées, des maux de têtes, des acouphènes et des perturbations de l’équilibre ont été rapportés). Les effets généraux sur l’audition sont à discuter puisque ces sons hautes fréquences arrivent naturellement, par voie aérienne, sur le capteur qu’est l’oreille. » (1). Il est évident que les politiques se mêlent à cette affaire et souhaitent interdire ce dispositif dans de nombreux pays. En France, c’est au nom du principe de précaution que Roselyne Bachelot réalise un travail interministériel pour interdire ce dispositif. Christine Boutin et Fadela Amara pose la question éthique quel type de société fabriquons nous avec ce type de dispositifs. (2). La situation n’a pas avancé puisqu’il n’y a pas à l’heure actuelle d’interdiction stricte punie par la loi contre l’installation du dispositif mosquito.

Voici un reportage de l’émission de M6 « 66 » minute sur ce dispositif :


 


Le deuxième équipement proposé contre le squat des jeunes n’est pas moins original. En effet, il s’agit d’un éclairage rose utilisé habituellement par les dermatologues. Fabriqué dans un format adapté aux halls d’immeubles, elle a pour particularité de mettre en valeur l’acné de ceux qui se trouvent en dessous. La technique joue donc sur les complexes des adolescents. Les résultats des premiers utilisations de ce système sont positifs.


neon.jpg


On peut se demander « à quand les chansons de Mireille Mathieu utilisées dans les halls comme procédé anti squat ? » ce sera sans doute tout aussi efficace…

Si je vous fais part de ceci, c’est aussi pour qu’on s’interroge sur la manière dont on traite les jeunes aujourd’hui. Ces différents dispositifs sont-ils condamnables ? Sachant qu’ils sont créés à l’origine pour éviter le désordre public ne fait-on pas seulement le repousser un peu plus loin ? Ensuite nous pouvons nous poser la question du squat : pourquoi les adolescents ont-ils besoin de rester dans un hall pendant des heures ? Ont-ils un autre endroit où se réunir ? Quelle alternative nous pouvons leur proposer ? Vers quels loisirs accessibles peuvent-ils s’orienter ?

Le fait de traiter les problèmes sociaux par la technologie, n’est-il pas une preuve de perte de la communication réelle (opposée à virtuelle) ?

 

1(1)  Jacques Chatillon, INRS, Département Ingénierie des équipements de travail, « Limites d’exposition aux infrasons et aux ultrasons  » Hygiène et sécurité du travail Cahiers de notes documentaires -2e trimestre 2006.

(22)   Le Nouvel Observateur : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20080403.OBS7939/anti-jeunes-bruxelles-n-interdira-pas-le-boitier.html

 

Par lademoiselledesvilles - Publié dans : Société - Communauté : La Ville, L'Urbain
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